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Situé en 2060, où toutes les familles que l'on connaissait ont été détruites par un terrible fléau. Une nouvelle ère se lève encore une fois.
 

Ven 28 Sep 2018 - 14:11
L’avion se posa. Creiseau rouvrit les yeux, le regard fixé sur le plafond nacré. Le gardien se sentait plus chez lui, dans les aéroports, sur les pistes de décollages et au-dessus des nuages, tant qu’il était dans cet avion, que dans son propre appartement. Il se redressa en secouant la tête et son regard se durcit. Il appartenait à la famille, corps et âme. Partout où il allait dans le territoire Corenzo, il était chez lui.

Il chassa ces pensées qui lui rongeaient l’esprit en allumant un cigarillo ; il était sujet, depuis quelques mois, à des crises de mélancolie et de réflexions internes qu’il ne pouvait se permettre. Il était gardien, pas philosophe ; sa tâche consistait à protéger la famille. C’est là ce qu’il était, ce qu’il faisait ; il reprit l’ordre de mission qui lui avait été remis, imprimé sur du papier de bible en plein vol de retour d’Ukraine.

Las, encore courbaturé des combats de Gdansk, l’allemand coinça son tabac entre ses lèvres et brûla l’ordre de mission avec son briquet. Il se leva ensuite pour se diriger vers la sortie, en soufflant la fumée accumulée dans ses poumons. «Des plantes, hein ?», pensa-t-il avec un sourire carnassier. La mission promettait d’être d’un genre assez nouveau.
Il descendit les marches quatre à quatre. Conformément à ses instructions, deux traqueurs l’attendaient sur le tarmac avec une Harley ; il les salua brèvement, avant d’enfourcher la bête et de mettre les gaz. Ayant eu un peu de temps dans l’avion, il avait pu étudier la carte des environs et repérer sa première destination, Gaj.

Les rapports faisaient état d’une cessation des transmissions des quelques Corenzo présents dans la zone pour maintenir l’ordre et surveiller la croissance du marché noir. Avant cela, les dernières correspondances décrivaient de nombreux cas de disparitions à l’ampleur toujours croissante. Le village de sa destination semblait être la dernière victime du phénomène.

Creiseau espérait y trouver des indices substantiels liés à l’affaire. Il arriva rapidement à destination et s’arrêta en marge du village, dans un champ, suffisamment loin pour le bruyant moteur de son destrier ne puisse être entendu. Il revêtit son armure, y suspendant son bouclier et son fusil, puis termina la route à pied. Ce fut court. Au-delà des blés dans lesquels il se cachait, il pouvait voir les petites masures de pierre, tranquilles. «Trop tranquille», remarqua-t-il pour lui même. Alors que la température, ici, se refroidissait rapidement avec l’arrivée du printemps et que nulle pollution ne réchauffait l’atmosphère si loin de tout centre urbain, aucune cheminée ne fumait ; aucune lampe ne brillait.

Il était pourtant tard dans la matinée ; à cette-heure ci, en fin de matinée, même les plus réticents devaient être levés. Cependant, cela était attendu ; on ne cesse pas les transmission, chez les Corenzo, pour un rhume des foins. Il faut être mort, ou mourant, pour être excusé de ne pas remettre un rapport à temps. Le gardien dégaina son pistolet et l’arma. Il s’avança vers les maisonnettes, recroquevillé et le pas aussi leste que possible.

Rien ne bougeait. Il s’adossa au mur le plus proche, près d’une fenêtre, et y jeta un œil prudent. Il arrivait trop tard. Sans qu’il puisse voir tous les détails, au travers des rideaux de tissu translucide, il pouvait deviner la présence de deux ou trois cadavres, dont les membres avaient été arrachés et éparpillés dans la pièce. Refusant de focaliser son attention sur sa macabre découverte, l’allemand inspecta rapidement le reste de la pièce pour tenter d’y déceler un danger, sans y parvenir.

Il se dirigea alors prudemment vers la porte de derrière, laquelle était grande ouverte ; le trousseau de clefs était inséré dans la serrure à l’extérieur, ce qui témoignait d’une volonté de rentrer rapidement dans la maison, plus que de s’en échapper ou de s’y abriter. Dans le couloir qui se dévoilait devant lui, il pouvait apercevoir des traces boueuses de bottes. Creiseau les suivit en inspectant chaque pièce sur son passage, sans rien y trouver. De toute évidence, à en juger de l’éloignement de chaque pas par-rapport au précédent, la personne qui portait ces bottes avait couru.

Sa progression l’amena bientôt dans ce qu’il supposa être le salon, qu’il avait observé précédemment depuis la fenêtre. Arme en main, à moitié accroupi, il passa la porte grande ouverte. Les traces s’arrêtaient là. Au bout de la piste, les bottes desquelles dépassaient des tibias sanguinolents. Un fusil de chasse était posé à côté. L’allemand examina la scène ; le petit déjeuner était encore posé sur la table. Le paquet de céréales était maculé de sang. Des bouts de crâne et de cervelle flottaient dans un bol de lait rougeâtre. Deux des chaises posées autour de la table avaient changé de couleur. Partout dans la pièce, pendaient, traînaient ou dégoulinaient des morceaux de cadavres.

Dépité, dégoûté, il se saisit du fusil et inspecta les cartouches à l’intérieur. L’une des deux avait été mise à feu. L’arme elle-même était souillée et rouge. Un rictus amer naquit sur le visage du gardien, qui continua malgré tout sa route. Il se dirigea vers l’extérieur, puis vers une autre maison. Puis une autre. Partout, les mêmes mises en scène sinistres et sanglante. Partout, les mêmes charniers. Partout, des hommes, des femmes, des enfants, des parents, des sœur, frères, fils, filles, cadets et aînés, des ancêtres et des descendants, avaient été réduits en bouillie pourpre.
Certains avaient tenté de fuir, mais l’attaque semblait avoir été foudroyante ; la plupart des civils ne s’étant sans doute pas aperçus que leurs vies, ainsi celle de leurs être chers, s’achevaient. Creiseau s’assit dans un canapé et regarda le plafond. «Pourquoi de telles exactions ?», se demanda-t-il, partagé entre la haine et la tristesse. Il sortit son téléphone et regarda la carte ; il était désormais évident que les phénomènes n’était pas isolés. Cependant, quelque chose l’avait interpellé lorsqu’il regardait le plan des environs ; le phénomène semblait se propager en ligne droite. Comme si quelqu’un avançait. Les rares témoins oculaires parlant de plantes, il était probable que l’adversaire soit un manieur de la flamme de la forêt.

Creiseau traça une ligne imaginaire avec son doigt ganté. Si sa théorie était correcte, la route du tueur devait l’amener, au travers des champs, jusqu’à la ville de Wysków. Jusque-là, la datation des rapports semblaient indiquer que l’assassin avançait à pied, ou se reposait pendant la journée. Le plus logique serait d’emprunter la route nationale ; cependant, la lenteur du tueur pointait plutôt les chemins alentours. L’allemand envoya aux Corenzo présents dans la ville l’ordre de la condamner, de vérifier l’identité et la raison de la présence de chacun à l’entrée de la ville, et d’appréhender puis signaler toute personne suspecte ; concrètement, d’y établir la loi martiale. Il demanda aussi des renforts à Varsovie, tout en leur prescrivant à tous la plus grande prudence.

Il passa passa ensuite les sentiers de terre alentour au crible pour trouver des indices. De nombreuses traces de pas se mêlaient et se chevauchaient, mais il parvint à trouver ce qu’il cherchait ; allant dans la direction générale de Wysków, de petites traces de pas se dirigeaient, comme il le pensait, plutôt vers les petites routes que vers la grosse. Il courut vers sa bécane et la démarra furieusement, avec un sourire vengeur sur les lèvres ; «J’vais t’faire la peau, sale race !», se promit-il, avant de mettre les gaz.

Il roula à tombeau ouvert, fouillant dans la campagne. L’asphalte, puis la terre, puis l’asphalte à nouveau. À mesure que le temps passait, l’allemand avait la main de plus en plus lourde et allait de plus en plus vite. Il ne croisait pas âme qui vive. Juste après une grande montée, dans la descente qui suivit, il découvrit un hameau. Trois ou quatre maisons, posées là, en plein milieu de rien. Et en leur centre, une grande tache rouge que faisait briller la lumière du soleil de midi.

Furieux, le gardien accéléra un peu plus. Il stoppa sa moto près du cadavre disséminé. Le moteur de son destrier d’acier faisait vibrer le village entier ; ses fenêtres de carreaux grossiers, ses portes épaisses portes branlantes et ses murs de grosses pierres. Pourtant, personne n’était là, sur les perrons ou dans les ruelles, pour le dévisager ou le réprimander. Il était seul dans le territoire du silence. L’atmosphère ici était lourde, comme pleine de sous-entendus. L’allemand coupa le contact au milieu du petit tas de chaumières éteintes et se jeta sur le côté de sa monture.

Il se dirigea vers la maison la plus proche en dégainant immédiatement son pistolet. Une vieille bâtisse de campagne, aux épais murs de pierres grossièrement taillés ; la porte était entrouverte. Creiseau la défonça d’un violent coup de rangers et pénétra dans la pièce sans hésiter. Sans s’attarder sur l’habituel spectacle, il se rua au travers de l’habitation. Il en ressortit presque immédiatement, sans avoir rien trouvé ; alors qu’il se dirigeait vers la suivante, il vit la porte du foyer le plus éloigné de lui s’ouvrir. Il mit promptement son pistolet en joue.

Une petite fille en sortit. Barbouillée de sang, elle avançait au milieu des maisons, le regard vide. L’allemand courut vers elle. Il ne mit que quelques secondes à franchir la distance qui les séparait. Durant ces quelques secondes, l’adrénaline aidant, il se mit à observer et réflechir. Les attaques avait été soudaines et inattendues. Elle devait avoir environ douze ans. Les traces qui quittaient Gadj étaient petites. Ses habits étaient rouges de sang, mais celui-ci était craquelé par endroits. Le sang avait séché.

L’allemand s’arrêta soudainement, à deux mètres de sa cible, au moment où celle-ci le considéra en fin et tourna la tête vers lui. Il put alors voir, trop tard, que sa main était enveloppée par une flamme d’un vert terne lugubre, semblable à un tas de feuilles en train de pourrir. Il réalisa son erreur et se jeta en arrière par réflexe ; il esquivait juste à temps un tourbillon de feuilles, dont il savait qu’elles étaient mortellement tranchantes.
Revenu sur ses deux pieds, il mit à nouveau sa cible en joue. Son regard croisa celui de la jeune fille. Ses yeux semblaient morts. Il tenta de presser la gâchette, il tenta de lier les carnages observés à cet enfant, il tenta de penser à sa propre survie. Mais il n’y parvint pas. La deuxième bourrasque le frappa cette fois de plein fouet dans le torse ; malgré la petite taille des feuilles, leur nombre et leur vitesse étaient suffisamment importantes pour le soulever hors du sol et le projeter dans les airs ; pas beaucoup, pas très haut, pas longtemps, mais suffisamment pour que l'atterrissage soit rude. Les plantes n’avaient pas réussi à entailler sa cuirasse et le blesser.

Le choc vida l’air des poumons de Creiseau, qui essaya de se relever aussi vite qu’il le pouvait. Des racines poussèrent sur ses mains et ses mollets, s'agrippant à lui et le maintenant au sol. Il tenta de se dégager, mais les plantes revenaient sans cesse. Coincé, il intensifia la flamme de son anneau et s’en servit pour arracher les plantes avec sa main libre, sous le regard morne de son adversaire juvénile. Il vint finalement à bout des racines et bondit sur ses pieds avant de brandir son arme.

Pourquoi ?, hurla le gardien, Pourquoi tant de haine, tant de meurtres ? Qu’est-ce ça t’a apporté ?

La fillette ne répondit pas. Elle n’eut aucune réaction. Sentant les racines pousser à nouveau sur ses pieds, l’allemand se déplaça latéralement ; son adversaire leva la main vers lui, faisant naître une nouvelle tempête. Cette fois, elle visait la tête, seule partie de son corps qui n’était pas couverte. Il esquiva facilement avec une roulade. Autour de lui, des arbustes commençaient à naître ; ils ne le gênaient pas outre mesure physiquement, mais ils obstruaient progressivement son champ de vision, l’empêchant de percevoir des obstacles avant de trébucher dessus. Plusieurs fois, Creiseau manqua de tomber à cause d’une racine, ne se rattrapant qu’au dernier moment.
Il faisait le tour de son adversaire, sans lui tirer dessus. Il aurait aisé de lever le canon et presser la détente, mais il ne parvenait pas à se faire à cette idée. Il savait bien que, dans ce genre de situation, on attendait de lui qu’il ramène son ennemi blessé mais bien vivant, pour l’interroger ; or, il ne voyait pas d’autre solution que de lever la main sur cette petite fille. Sur un enfant. Un arbuste un peu plus grand que les autres essaya soudainement de le fouetter. «Putain de merde», jura le gardien, «elle explore ses pouvoir avec moi !». Plus il la laisserait faire, et plus elle deviendrait puissante. Incertain de savoir quand elle serait trop fatiguée pour continuer et s’il survivrait jusque-là, il se résigna et pointa son arme sur elle.

Il tira une balle. Le coup de feu retentit tout autour d’eux. La munition fit exploser le genou de la fillette, qui tomba au sol. Les plantes vacillèrent et la flamme à sa main s’estompa. Le silence retomba, comme une chape de plomb, sur les alentours. Creiseau resta de marbre quelques secondes, interdit. Puis il se rua sur sa victime, rangeant son arme dans son étui. Inconsciente, la petite fille respirait encore, quoique faiblement. Il lui injecta une demie-dose de morphine et lui fit un garrot, avant de répandre du pansement hémostatique en poudre partout sur ce qui restait de l’articulation. Durant le processus, il dut se rendre à l’évidence ; elle serait amputée de sa jambe. Il la menotta par prudence et lui retira son anneau.

Il appela les secours et les prévint aussi de la traînée de cadavres laissée derrière. Il fit ensuite le tour de l’endroit à la recherche de survivants, sans succès. Dépité, il s’assit près de sa prise et observa son anneau, à la recherche de réponses.
Corenzo
¤Guardiano della Fulmine¤
Humeur noire
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Citation : «Citation»
RP en Cours : Avec Detaro, Artémis, Noah et… vous?
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